Boulangerie artisanale : seuil mensuel d'une TPE
Une boulangerie pâtisserie indépendante à Lyon supporte 12 000 EUR/mois de charges fixes (loyer commercial bail 3-6-9, salaires bruts chargés du boulanger et de la vendeuse, EDF, assurance multirisque pro, expert-comptable). Le panier moyen est de 8 EUR HT (TVA 5,5 % sur le pain, 10 % sur la viennoiserie, lissée) et le coût variable moyen (farine, levure, beurre AOP, énergie de cuisson, sacherie) ressort à 3 EUR par panier.
RésultatMarge sur coût variable = 5 EUR par panier, taux de marge sur coût variable = 62,5 %. Le seuil en unités est de 2 400 paniers/mois (soit environ 92 paniers/jour ouvré sur 26 jours), pour un seuil en chiffre d'affaires HT de 19 200 EUR/mois.
Marge sur coût variable = 8 − 3 = 5 EUR. Point mort en unités = 12 000 ÷ 5 = 2 400 paniers. Seuil en CA HT = 2 400 × 8 = 19 200 EUR. À comparer aux statistiques de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française : un fonds de commerce de boulangerie typique réalise 250 000 à 400 000 EUR de CA annuel HT, soit 20 800 à 33 300 EUR/mois, donc le seuil est généralement atteint après 21 à 23 jours d'ouverture. Surveillez la flambée du prix du blé tendre publiée par FranceAgriMer : une hausse de 0,30 EUR du coût variable porte le seuil à 2 553 paniers, soit 153 paniers de plus à écouler chaque mois.
Restaurant traditionnel avec objectif de rémunération du gérant
Un restaurant traditionnel indépendant à Bordeaux affiche 25 000 EUR/mois de charges fixes (loyer, salaires bruts chargés de la brigade, fluides, redevance SACEM, abonnement caisse certifiée, comptable). Le ticket moyen TTC est de 32 EUR (HT 29,09 EUR à 10 % de TVA) et le coût matières (food cost + boissons) atteint 11 EUR par couvert. Le gérant majoritaire EURL souhaite se verser 4 000 EUR/mois nets via rémunération TNS, soit environ 6 000 EUR de coût global à dégager en plus du point mort.
RésultatMarge sur coût variable = 18,09 EUR par couvert, taux de marge = 62,2 %. Point mort à 1 382 couverts/mois (40 197 EUR de CA HT). Avec la rémunération du gérant en cible, l'objectif passe à 1 714 couverts/mois (49 860 EUR HT), soit environ 66 couverts/jour sur 26 jours d'ouverture.
Marge sur coût variable = 29,09 − 11 = 18,09 EUR. Point mort = 25 000 ÷ 18,09 ≈ 1 381,9, arrondi à 1 382 couverts. Avec bénéfice cible : (25 000 + 6 000) ÷ 18,09 ≈ 1 713,7, soit 1 714 couverts. La rémunération TNS du gérant majoritaire d'EURL/SARL doit être budgétée en charges fixes plutôt qu'en bénéfice résiduel — c'est la position de l'Ordre des Experts-Comptables sur la lecture économique du résultat. Pour un restaurant de 50 couverts en service midi + soir, ces 66 couverts/jour représentent un taux de remplissage moyen de 66 %, cohérent avec les benchmarks publiés par l'UMIH.
PME industrielle SAS : pression sur la marge et coût horaire
Une PME industrielle SAS de mécanique de précision en région Auvergne-Rhône-Alpes a 180 000 EUR/mois de charges fixes (loyer crédit-bail immobilier, amortissements machines CNC, masse salariale chargée de 14 salariés, frais financiers BPI France, assurance RC pro, certification ISO 9001). La pièce de série principale est vendue 45 EUR HT à un donneur d'ordres automobile, avec un coût variable unitaire (acier, électricité industrielle, sous-traitance traitement de surface) de 28 EUR.
RésultatMarge sur coût variable = 17 EUR par pièce, taux de marge = 37,8 %. Point mort à 10 589 pièces/mois (476 505 EUR de CA HT). Avec 14 opérateurs sur 35 h hebdomadaires (2 100 h/mois productives) et 5 minutes de cycle machine par pièce, la capacité théorique plafonne autour de 25 200 pièces — le seuil est atteignable mais consomme 42 % de la capacité.
Marge sur coût variable = 45 − 28 = 17 EUR. Point mort = 180 000 ÷ 17 ≈ 10 588,2, arrondi à 10 589 pièces. Seuil en CA HT = 10 589 × 45 = 476 505 EUR. Pour une PME industrielle, l'INSEE et la Banque de France suivent dans la Centrale des bilans le ratio EBE/Valeur ajoutée — un taux de marge sur coût variable de 37,8 % est juste au-dessus de la médiane sectorielle (35 %) publiée pour la fabrication de produits métalliques. Une renégociation du prix d'achat de l'acier à −1 EUR (économie sur appel d'offres groupé avec d'autres adhérents UIMM) déplace le seuil à 10 000 pièces — un gain de 2,5 jours-machine par mois.